Mon roulement de chaussures à l’entraînement
Comment ne pas faire un article sur le sujet qui occupe la plus grande place dans nos cerveaux de runners ?
Chacun sa problématique :
- Quelles sont les chaussures qui vont me protéger des blessures ?
- Muscu, chaussures ou pieds nus ?
- Quelle chaussure pour mon pied qui pronne/supine ?
- Quelle chaussure va me permettre de battre mon RP ?
- Quelle chaussure pour battre mes collègues ?
- Les carbones, ça fonctionne vraiment ? Combien de secondes au 1000 je peux gagner si j’achète cette paire ?
Le grand avantage d’être sponsorisé, c’est que tu trouveras forcément chaussure à ton pied. Le désavantage, c’est que comme nous perdons la notion de valeur des produits, on est parfois tenté de mettre du carbone pour tout type d’entraînement. Vous verrez dans cet article que nos équipementiers ont des réponses à tous les besoins, et qu’il n’y a pas que deux écoles.
Bien que j’aie atteint le haut niveau au moment de l’explosion des carbones, et que je ne connaisse pas vraiment l’athlétisme des mollets chargés par des bornes au seuil en running léger, j’ai un rapport assez froid avec ces chaussures. Je considère le carbone comme un outil de travail, utile pour préserver la musculature, mais qui doit avant tout rester un plus pour la compétition. Train hard, win easy.
Bref : comme toujours, il faut comprendre ce que l’on fait et pourquoi on le fait.
Le footing
Je peux tourner avec de nombreuses paires en footing, jusqu’à ce que je sente ma préférée de la saison. J’ai toujours beaucoup couru en trail, en raison de la diversité des terrains où je vis (Pegasus Trail, Zegama, Ultrafly). Ce sont des chaussures simples, sans artifices, avec une bonne accroche et un très bon ressenti du sol.
L’année dernière, c’est la Pegasus+ qui a conquis mon cœur. Très élégante d’ailleurs : j’en ai pris une paire blanche pour la vie de tous les jours.
Cette année, c’est la Pegasus 41 qui a trouvé sa place dans mes runs. Je garde également une paire avec un peu plus d’amorti pour les jours où je sens que les impacts deviennent plus délétères qu’assimilables (Vomero, Vomero+, Vomero Premium).
La piste et le développement musculaire
Vous me verrez très rarement en carbone sur la piste, sauf pour des répétitions de plus de 2 km.
J’habitue ma mécanique et ma musculature à ce qui se rapproche le plus des pointes. Je porte les Streak 1 : du ZoomX mais sans carbone. Et plus la paire vieillit, plus je l’aime : j’adore quand la semelle se tasse et que je sens de mieux en mieux le sol.
Une adaptation progressive est indispensable avant d’enchaîner des séances du type 8 × 1000 autour de 3’00. Je commence la saison avec des 200, puis 400, puis 800, 1000, 2000… et ensuite on augmente l’intensité. Sinon, c’est la casse assurée.
Si je faisais tout ça en carbone dès le début, j’irais évidemment plus vite à court terme. Mais ce qui m’intéresse, ce n’est pas l’instant T : c’est la saison estivale. Je dois construire un corps fort, capable de mettre les pointes tout en ayant l’impression de porter des chaussons.
La muscu
En muscu, on travaille au sol : chaussures basses, ancrage maximal. Plus vos pieds ont de la place, plus vos muscles intrinsèques peuvent s’activer.
Donc vous l’avez compris : les carbones, ce n’est pas au gymnase qu’on les sort. Même si j’ai déjà vu des athlètes pros le faire. Une bonne paire de Metcon fait le job depuis mes débuts chez Nike, et je n’ai jamais changé de modèle : suffisamment souple pour permettre des transferts après la muscu, foulées bondissantes, travail de pied, haies…
Et les carbones dans tout ça ?
Évidemment, je serais trop triste de laisser les carbones au placard jusqu’à la compétition. Si c’était la règle, je ferais peut-être même plus de compétitions (rire).
Cette sensation quand vos jambes sont fortes sur ces coussins d’air… Quand vous avez l’impression d’être passé par le stand pour mettre les pneus lisses et qu’il ne reste plus qu’à envoyer…
Si vous êtes runner, vous connaissez.
Je garde donc ce moment de grâce pour le jour saint : le dimanche, sortie longue avec une dizaine de kilomètres actifs entre le premier et le deuxième seuil. L’objectif est de passer du temps dans ces zones alors que les jambes assimilent encore une semaine à une centaine de kilomètres, et que la surcharge n’est pas souhaitable.
C’est là que les Vaporfly et Alphafly trouvent leur place. Des bijoux que je regarde tous les jours sur mon étagère, et qui me font dire : vivement dimanche.
Petite astuce : je prends toujours 0,5 pointure en plus pour les modèles carbone (Streakfly 2, Vaporfly 4, Alphafly 3). Le carbone réduit un peu l’espace du chausson, et comme la pose de pied se fait plus sur l’avant, les orteils peuvent souffrir.
La compétition
Simple :
- Alphafly 3 sur route,
- Dragonfly Elite sur piste.
Emballé, c’est pesé.
Je réserve la Streakfly 2 pour les miles ou les 5 km route. C’est une pépite absolue que je veux garder pour la compétition, car elle ne me permet pas de faire l’adaptation musculaire que je cherche sur piste. Mais croyez-moi : avec de bonnes cannes et des Streakfly 2 le jour J… ça envoie.



